LES SYNDROMES D’ADDICTION ET DE MANQUE SOUS GHB

Informations générales
par Trinka Porrata
www.projectghb.org

Le GHB: est-ce addictif?

En dépit des fausses informations circulant sur Internet, le gamma hydroxybutyrate (GHB) est une drogue addictive. L’état de manque peut être prolongé et sévère. Pourtant la diagnostique et le traitement d’une addiction/état de manqué dû au GHB ne sont pas à la portée de tous. La connaissance du GHB auprès du public, des services judiciaires et du personnel médical est limité, et concerne son utilisation en tant qu’intoxicant et arme de viol. L’addiction au GHB est caractérisée par une prise tout au long de la journée (toutes les trois heures jusqu’à toutes les heures, jour et nuit, avec des doses plus chargées le soir pour mieux dormir). L’addiction peut se développer en quelques semaines. Une période d’utilisation de quatre à huit mois est la norme parmi ceux qui ont cherché de l’aide auprès de la GHB Addiction Helpline (mise en place aux Etats-Unis) via www.projectghb.org
Certains étaient des utilisateurs depuis une dizaine d’années, rendant impossible l’évaluation du moment du début de leur dépendance.

Le scénario de l’addiction

Les utilisateurs occasionnels courent les risques du viol, de l’overdose et de la mort, mais ne sont pas autant susceptibles d’en devenir dépendent. Ceux qui utilisent le GHB quotidiennement ou d’une façon systématique dans le traitement de la dépression, pour faciliter le sommeil, pour améliorer les performances physiques, pour perdre du poids, contre le vieillissement, ou pour d’autres raisons, sont en danger de dépendance au moyen de leur schéma d’utilisation régulier et fréquent. Un usage pour aider à dormir peut devenir aisément un usage pour assister au réveil par exemple. Ensuite, il est consommé l’après-midi pour agir sur les rapports sexuels, sortir, etc., jusqu’à son utilisation soit progressivement en continu. Le schéma se développe habituellement sans que l’utilisateur s’en rende compte, puisque dans la majorité des cas, ils ne considèrent pas le GHB comme une drogue ou dangereux en vertu des déclarations rassurantes émises sur Internet. Au début, les utilisateurs pensent avoir trouvé le supplément parfait et ne jurent que par les bienfaits incroyables dont ils font l’expérience.
La deuxième étape de la relation marque la fin de la lune de miel, mais l’utilisateur lui, est le dernier à s’en apercevoir. Les amis, les partenaires et les compagnons de travail observent d’étranges changements comportementaux, souvent sans savoir quel en est la cause. Un symptôme peut être aussi subtile qu’une « chute » brutale et rapide de la tête (où le cou se relâche brusquement et ne soutient plus la tête) qui survient environ quinze minutes après la consommation d’une dose, ou peut s’agir de plusieurs minutes de gestes nerveux, d’attitudes anormales ou d’étourdissements. Ces réactions peuvent, dans certains cas, survenir uniquement après les doses plus chargées du soir ou au contraire apparaître après chaque prise. Ainsi, casser le miroir de la salle de bain en se préparant à aller au lit et se réveiller ou être retrouvé sur le sol avec un nez cassé ou ensanglanté n’est pas une conséquence rare des « chutes de tête », où la personne percute le miroir ou le rebord du lavabo. Dans la plupart des cas, la personne n’en a aucun souvenir. Le toxicomane s’éloigne de sa compagne/compagnon, de sa famille, de ses amis, évite les lieux publics et peut devenir subjugué par la pornographie et les bars à strip-tease, un comportement qui peut contraster avec celui de la personne avant la consommation du GHB. Les utilisateurs du GHB sont souvent impliqués dans des affaires de conduite sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants, et fréquemment les officiers ne parviennent pas à identifier correctement la substance utilisée, surtout si le prévenu n’as pas mélangé la consommation de GHB avec, par exemple, de l’alcool. Beaucoup d’utilisateurs relèvent des dégâts matériels sur leur voiture « d’origine inconnue » et se souviennent difficilement le lendemain matin du lieu où ils ont laissé leur voiture, en raison des pertes de mémoire durant les périodes d’intoxication.

Qui sont les accros du GHB ?

Note: Bien que le GHB puisse être identifié par des contrôles médicaux, il demeure dans les fluides corporels qu’un temps relativement court en comparaison avec d’autres drogues ; quatre heures dans le sang et douze heures dans l’urine. Le GHB ne fait pas encore partie des procédures de contrôle standard de la majorité des agences de contrôle.

Les substances analogues du GHB

Le produit consommé peut être du GHB préparé par des particuliers ou par des industries pharmaceutiques étrangères. Mais c’est souvent une substance analogue du GHB, un « cousin » chimique qui se transforme en GHB à l’intérieur du corps. Il peut s’agir de gamma butyromètre (GBL) ou de butanédiol-1,4ml (BD). Le GBL (2/3 H furanone dihydroxie) est à la fois un précurseur (c’est-à-dire un ingrédient primaire utilisé pour la fabrication du GHB) et une substance analogue active (qui se transforme en GHB dans le corps avec les mêmes effets que celui-ci). Le BD lui, est une substance analogue active simple. Le gamma hydroxyvalérate (GHV) est également une substance analogue.

Le GBL, le BD et le GHV sont disponibles dans les centres sportifs, les parapharmacies, par Internet et la vente par correspondance. Ils sont vendus sous forme de poudres, comprimés, gels ou liquides et un grand choix de taux de concentration, de couleurs et de goûts est disponible. Il y a plus de quatre-vingts noms de commercialisation du GHB et de ses substances analogues. On retrouve le GBL dans des produits « légitimes » tel que diluant à peinture ; ce niveau d’abus est particulièrement grave puisque ces produits contiennent d’autres ingrédients. Ces produits bidons commercialisés par Internet sont déguisés en tant que « nettoyant à cartouche d’encre pour imprimante », « dissolvant de vernis à ongles », etc.

L’overdose de GHB et les utilisateurs

Les toxicomanes du GHB, font fréquemment des overdoses ou des « mini-overdoses ». Ils sont souvent traités en tant que victimes d’overdose sans qu’une véritable connaissance de l’addiction qui mène à ces crises soit établie. La courbe de réactivité du GHB est abrupte et, même avec le développement d’une tolérance, ses effets peuvent varier considérablement. Les utilisateurs établissent leur dosage selon deux schémas :

Même avec un dosage très précis, les effets peuvent varier selon des différences infimes de dosage, selon la consommation ou le manque de nourriture au cours d’une journée ou selon d’autres facteurs inconnus. Un directeur général d’une grande société témoigna qu’il ajustait son dosage pour les réunions (prise de la dose à 9h30 avant la réunion alors que sa consommation habituelle était programmée à 10h00) ; cette ajustement pouvait provoquer une « chute de tête » en début de réunion, déroutant le personnel par ce comportement étrange, ce qu’il essayât tout simplement d’ignorer.

L’état de manque sous GHB

Manquer à la prise d’une dose de plusieurs heures plonge l’utilisateur dans des symptômes de manque caractéristiques : une forte sudation, des crises d’angoisse, parfois une augmentation de la tension artérielle (parfois à des niveaux dangereux) et du pouls. Ces symptômes peuvent diminuer jusqu’à disparaître après deux ou trois jours suite à des soins médicaux. Ainsi, le troisième jour le patient peut sembler être en bonne forme et sortir du centre de soins qui n’est pas familiarisé avec l’état de manque sous GHB. La seconde phase de manque, qui peut provoquer des hallucinations ou un état mental altéré, peut commencer plus tôt ou au contraire n’apparaître que le quatrième ou cinquième jour. Un témoignage relate qu’un patient relâché le troisième jour fût retrouvé par son épouse plusieurs heures plus tard déambulant dans les rues de la ville, en proie à des hallucinations, en état de confusion mentale, et courant le risque de se faire renverser. Il peut arriver que les médecins des cliniques supposent que leurs patients soient psychotiques et ne parviennent pas à évaluer l’état d’addiction ou de manque sous-jacent.

Les protocols de detoxification du GHB

Un traitement de l’état de manque du GHB n’est pas encore clairement établi. Un traitement peut comprendre l’utilisation de benzodiazépines, de médicaments antipsychotiques ou de phénobarbital. Il est important de noter que bien qu’une réduction progressive des doses avant la désintoxication peut aider à réduire la sévérité des symptômes de l’état de manque, les tentatives d’auto désintoxication sans assistance médicale de certains utilisateurs ont été fatales, puisque l’état de manque peut être sévère et imprévisible. De plus, au vue de l’incapacité de la plupart des utilisateurs à tolérer les symptômes d’état de manque dans la durée, cette méthode est le plus souvent inefficace et dangereuse.

Après le désintox : une agonie dans la durée

Les rechutes multiples sont la norme dans la grande majorité des cas de dépendance au GHB. Beaucoup décrivent le « vide dans l’âme » que laisse le GHB. Établir un rythme de sommeil correct est souvent problématique. La dépression et les tendances suicidaires sont presque inévitables. Les crises d’angoisse reviennent continuellement. La dépression et l’anxiété décroissent avec le temps, quelques semaines pour certains, des mois voir des années pour les autres. De nombreux anciens utilisateurs ont besoin de médicaments au moins temporairement pour soulager les problèmes liés au sommeil, à la dépression et à l’anxiété. Ceux qui souffraient au préalable de dépression ont plus de difficultés à trouver une combinaison de médicaments efficaces après avoir utilisé du GHB. Les overdoses accidentelles avec d’autres drogues, surtout durant une désintoxication sans surveillance médicale adéquate sont fréquentes et peuvent mener au décès. Ces décès peuvent ne pas être reconnus comme ayant des liens avec le GHB puisque les traces chimiques seront absentes de leur corps. Des suicides ont été rapportés de trente-six heures après le début de la désintoxication jusqu’à plusieurs mois après, qu’il y ait eu une prédisposition à la dépression ou à d’autres fragilités mentales ou pas. Beaucoup d’entre eux ont perdu travail, famille et autres relations humaines. Beaucoup ne se voient pas en tant que toxicomanes parce que leur relation avec cette drogue est inintentionelle et ils rechignent à participer aux réunions d’alcooliques ou de toxicomanes. Ils doivent reconnaître leur statut en tant que « toxicomane » et doivent recevoir de la compréhension dans les traitements et réunions pour mettre fin à cette aliénation. Comme avec toute drogue, accepter l’addiction est crucial pour la prise en charge.

Pour plus d’informations venez sur notre site Internet : www.projectghb.org

Les médecins et installations expérimentés dans le traitement des cas de manque sous GHB ou qui souhaitent prendre en main ces cas peuvent nous contacter afin que nous puissions les rajouter à notre liste de contacts.